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Un peu de nature et un zeste de culture

Les œuvres complètes de Sally Mara, réunies par Raymond Queneau le potache

Les œuvres complètes de Sally Mara, réunies par Raymond Queneau le potache
Les œuvres complètes de Sally Mara, réunies par Raymond Queneau le potache

Du surréalisme à l'Oulipo, en passant par l'expérience pataphysicienne, ces Œuvres complètes de Sally Mara réunies par Raymond Queneau dans la prestigieuse maison Gallimard en 1962 montrent l'étendue du renouvellement du vocabulaire dans ce que l'on pourrait appeler une œuvre non littéraire. Journal intime, œuvre posthume et aphorismes forment un seul et même livre où l'argot est le tenant du langage de la fameuse Sally Mara, salée jeune Irlandaise de la verte Eire à dessaler comme il faut, si possible. Ouisqui, gaines, statues de marbre et autres symboles où le féminin pourrait chercher à s'introduire sont dirigés par l'expérience psychanalytique.

Car Sally Mara est une adepte de l'auto-defense en jupons, qu'elle soit aussi bien psychologique que verbale ou physique, dès que le masculin se montre trop insistant. Elle ne manque pas de culot, et sa vertu est bien verte car elle se noie dans la verdeur d'une Irlande fantasmée où Finnegans Wake représente la revendication indépendantiste des insurgés de La Poste de Dublin dans l'œuvre posthume de mademoiselle Mara, "On est toujours trop bon avec les femmes". Une donzelle effrontée initiée au maniement de la langue française et de sa culture urbaine par son précepteur et traducteur, Michel Presle, auquel Queneau a donné un coup de pouce pour rassembler les mots de Sally Mara, aussi assoiffée de ouisqui que de Ricard. Ses gestes et son vocabulaire lestes font de Sally Mara une indépendantiste avant l'heure de l'aventure conjugale dans laquelle elle va malgré elle se trouver emportée. Raymond Queneau a ici réalisé une œuvre potache digne d'un lycéen où les mathématiques guident les pas d'un auteur, mais n'en fait toujours pas une œuvre littéraire, il me semble. Pourtant, c'est bien recherché. On ne fait pas des mathématiques comme on écrit un roman, et on n'écrit pas un roman comme on fait des mathématiques. Un livre amusant qui pourrait donner quelques frissons aux habituées de Cinquante nuances de Grey qui, au moins là,  pourront bien rigoler. Un aphorisme de mademoiselle Sally pour métaphoriser le poulailler : les coqs cons.

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