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Le blog de Nature et Culture Un peu de nature et un zeste de culture

Aimer sans la raiponce

Nature et Culture
Sans la raiponce de Marcel Proust, que fait Jeanne de Coutes ?

Sans la raiponce de Marcel Proust, que fait Jeanne de Coutes ?

Aimer, ne jamais aimer comme au premier jour. Danser sur ton corps et ta voix de velours. Donner sans se presser le verre à moitié vide, voir ce vide autour de toi, toi qui n'embrasses pas, qui n'embrasses rien et qui sent bon sur le chemin de la rédemption

 

- la rédemption de qui, la rédemption de quoi ? Pour qui je n'embrasse pas, pour qui je n'embrasse personne ? Pas pour toi apparemment mais pour une cause commune qui fait ma fortune au-delà du firmament; je ne suis rien d'autre qu'un petit chemin, un petit sentier qui ne s'est jamais plié aux lois de la jungle conjugale et matrimoniale, ces lois iniques qui font que tu te rebelles et que tu n'ensorcelles personne; tu ensorcelles ton chat et c'est elle ici bas qui voit toutes tes fautes, tes lendemains sur ton pavé qui n'est pas sorti du mois d'août

 

toi tu vises le mois d'août pour mettre sur ton chemin ces pierres de l'infortune, ces pierres que tu glisses dans ton sac à dos pour en faire ta fortune et retrouver le chemin de ton bol. Tu attends ton bol breton, ton bol qui te laisse un goût de parchemin à mettre entre toutes les mains. Tes mains sont ta cale et tu cales à imaginer ça entre les mains d'autres que toi. Tu fais bien ton chemin sans ta compromission avec le pavois de l'Irlande qui fait qu'on se demande si tu ne fais pas mieux de bourrer ton sac avec des algues en sachet. Manger des algues ? Et pourquoi pas des coques ? Tu es folle avec ton kornog.... Tu ne retrouveras jamais ton chemin, tu seras perdue sans sac et sans parchemin. Tu as fait ton chemin pavoisé avec les pierres de ton pré. Retourne à ton pré, on verra si tu trouves la bande à passantes, la bande qui passe et ne s'arrête pas. Tu es à demeure et tu comptes les sieurs qui toquent à ta porte. Ils ne sont pas tous comme toi, directs et sans cache, ils jouent à cache-cache et toi tu marches droit direct dans la bouche de l'autre, de celui qui t'a fait dire que tu ne l'aimes pas. Il ne sera pas là, ni au mois d'août ni en janvier. Il préfère les belles aux rousses sans le sou, il préfère le mois d'août pour changer de vaisselle et il s'installe à beau lieu. Il s'installe dans un lieu beau sans refrain. Tu ne trouveras jamais qui c'est mais il a des bacchantes qui frisent sur le côté. Il n'est jamais passé par toi et il fait comme toi : il se lâche sur toi pour que tu tombes bien bas. Laissons-le au mois d'août et toi, tu es ce lieu qui chante sans fin.

 

- Tu n'as pas de fin, tu t'affines en chemin, tu t'affines en chantant, tu t'affines en remuant ton corps comme on va à la renverse. Donne tes pieds, pas tes mains; lance ces accords que tu redoutes…

 

Lance sans accord ce que tu trouves magnifique; lance sur ton chemin ce que tu trouves unique : toi, toujours toi et encore toi. Et toi, c'est encore moi, Jeanne de Coutes, qui le dis à mes pairs qui me renversent sur le métier à tisser. Je tisse mon plaid et je suis laide à faire manger le foin à une bête à sainfoin. Je suis celle qui part comme une fleur au mois d'août; l'abeille et le papillon iront butiner ailleurs, vers des contrées meilleures; ils iront voir si le sachet est conforme à mes pieds. Je suis le sachet de ma mort, je suis ce sac mortuaire, ce linceul, ce plaid est mon linceul et je le tisse dès à présent de peur que tu ne l'emmènes au-delà de ma mort. Je ne donne rien à qui que ce soit, je ne donne qu'à l'état le tissage de mes cheveux, cette tresse que tu lâches.

 

- Allez, lâche-moi la grappe, la mort et occupe-toi d'une autre, d'un autre ou d'un je ne sais quoi; je ne suis qu'une pellicule qui se lâche au-delà de la mort. Je ne suis plus rien et je t'agace pour un rien

 

tu m'agaces aussi, tiens le toi pour dit. Je ne suis pas unique, je suis moi, entière et complète dans mon infinitude; je suis infinie, l'infini regret de ne pas t'avoir rencontré et de ne pas finir ma vie à tes côtés. Je ne suis rien d'autre qu'un chagrin et tu veux ma main ; je ne la donne qu’à qui ira humer ma bonne mère sur le chemin de la rédemption du mois d’août à Saint-Palais ou dans le désert breton. Le pont du diable ou le poids du corps. Tu pèses mon corps comme une infinitude ; tu me pèses, mon corps, et je suis sans but ; j’erre dans l’infinie beauté de la vie qui passe sous mes pieds ; le sol est si bon, si tendre et si impartial. Je suis ce sol qui ne lâche rien et qui ne plie pas d’un pouce. Je marche seule en ayant la frousse que tu ne me rejoindras pas. Je t’en prie rejoins moi et tu ne regretteras pas ce que tu as misé sur moi. Je flamboie sans penser que tu iras à pied sur le poids de mes ans, de mes années passées à rêver sans but, à errer de cauchemars en cauchemars, de buts en trêves et de buts sans rêves. Je ne rêve plus. Je ne me rappelle plus de rien. Je rêve d’une vie sans toi que tout importune. Tu es ma fortune mais je t’ai assez cassé les pieds, je me remets à marcher, je vais droit maintenant et je suis sur le chemin de ma vague qui m’emporte, cette houle qui te dérange et qui fait que je me sens plus forte. Je suis plus forte sans tes harangues ;

- j’erre sans but mais tu n’as pas raison de voir ma fortune plus forte que ta raison ; ta raison l’emporte, comme toujours. Tu fais de moi ta fortune et tu ne m’importunes, tu me jures fidélité et après tu me jettes à moitié. Je suis à moitié de moi et toi tu me fais envie ; J’ai envie de toi et je louche sur ta pomme pour que tu t’en sortes, sans moi ou avec un autre. Je sais que je ne t’appartiens pas, je n’appartiens à rien d’autre que moi, à mes enfants et à ma pomme. Ma petite pomme que je chéris et qui se languit de paraître stupide aux yeux des gens. Elle a tant à dire pourtant. Et toi tu ne fais rien, tu ne dis rien, tu te remplis d’un rien, d’un tic, d’une expression, d’une respiration. Tu te remplis sans rien dire à ta façon. Tu remplis ton sac et tu décharges ta besace sur ce carnet que tu as mis à tes pieds. Tu ne fais rien d’autre que déverser ton chagrin sans reprise et sans refrain. Tu n’es qu’une chanson, une petite ou une grande chanson, tu dis tiens ça sent bon et tu es partie sur le refrain d’une chanson à boire sans lendemain ; tu es sans lendemain et faut-il que je t’aborde loin des compromissions, loin des airs de la Tartempion qui vocifère et qui te désespère ? Faut-il que je t’apporte tout sur un plateau ? Mais c’est toi qui m’apporte avec cette histoire d’eau et de pack, de tetrapack et de Tetris. Tu es mon Tetris, ma mise en jambe et ma mise en bière. Je jure par les chemins du girls and boys, du boys and girls et de l’aptitude à n’être qu’un petit refrain, une petite chanson, une petite scansion par les chemins de la bonne volonté. Je t’aime mon infinie. Tu es mon infinité ; tu entres par ces anneaux des Nibelungen et je te chante sur les bords de mon chemin. Je t’aime, ma mise à pied, tu entres par les chemins du temps dont j’ai absolument besoin avec ton infinie bonté. Tu es sur le chemin de la bonté et je t’aime pour ta beauté, celle qui t’enrichit et qui forme sur toi un masque, celui de la fée qui me donne la félicité. Je t’aime mon bon chien et je te veux dans les bras de celui qui m’a pris par les mains, les bras, les jambes, la tête et je lâche ton dos pour le faire plisser. Je te laisse comme tu es, dans ta solitude et ton infinitude qui ne rebrousse pas chemin ; je vais par mon chemin, loin de tes embruns et des tiens qui se renforcent sur la plage des bonshommes de la danse du Nibelung. Je rentre dans ma cellule. Je suis encagé sans la raiponce à tes pieds. J’attends la raiponce et la raiponce se fait attendre, elle se fait désirer. Ne m’abandonne pas, je suis à tes pieds.

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