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Le blog de Nature et Culture Un peu de nature et un zeste de culture

Sur la pile de mes fantasmes

Nature et Culture
Dans le pré catelan de mon adolescence, à Illiers, le Combray de Marcel Proust

Dans le pré catelan de mon adolescence, à Illiers, le Combray de Marcel Proust

S'en aller dans l'instance du temps, partir avec son père dans l'imaginaire des autres, partir dans l'imagination de celui qui n'a trop rien de précis mais qui précise que l'on tient par l'advertance du temps.

 

Il faut se tenir alerte, il faut s'alerter par l'inadvertance de sa moitié. Marcher sur ses pieds et repartir sans toucher à ce sac qui viendra avec le temps. Oui, ce sac est le tien. Il m'importe qu'il soit sur ton dos. Je n'en veux pas si tôt, mais c'est l'advertance du temps qui fait qu'il m'importe que l'on soit sur le dos des enfants qui ne sont pas les tiens. Ils sont à moi désormais. Ils sont dans l'adverbe que j'utilise à tout bout de champ : enfin. Enfin il serait temps que tu t'imagines avec ma main dans ta main

 

Tu l'as fait par inadvertance mais tu ne l'as pas voulu ou tu ne l'as pas cru. Tu t'aperçois que je suis là par inadvertance. J'ai échappé à la surveillance de mes geôliers. J'étais recluse, j'étais incluse, et maintenant je suis lâchée dans les arènes de la postérité.

 

Je t'aime par inadvertance, sans l'avoir cherché. Je suis de celles pour qui mourir a de l'importance. J'attache de l'importance à ma postérité et à ma vérité. Que faut-il que je fasse pour que cela t'importe ? Que je sois lâchée avec les chiens ?

 

Il faut que tu m'uses à tout bout de champ. Je suis partie dans ces champs, loin de la buse qui a rebroussé chemin dans les armoires vides de la salle de bain.

 

Je suis sur ton chemin, encore et toujours. Je passerai sur ton corps avant que tu ne m'envisages. Je te dévisage et tu es la proie de ma passion. Je me passionne pour toi, je me passionne en toi, je me passionne par toi, je ne mourrai pas pour toi, je mourrai pour le chagrin que je suis de cet aéropage, je te suis à la page mais je n'ai pas de bois pour couvrir ce feu qui m'emprisonne et me consume dans la métairie de mon oncle

 

Cette métairie n'a plus de nom; elle pourrait s'appeler Pierre, Paul, Jacques ou François. Elle pourrait s'appeler de rien car je ne te dis pas merci, elle entre dans ma main, c'est sur le cadastre et je n'en ferai rien

 

Plus rien à faire de ce bien, plus rien à faire de ce rien qui s'emberlificote dans les armoires d'un chien qui se suffit à lui-même; et toi tu n'es pas un chien, tu es un boa, tu m'étouffes avec ton plastron, tu es la tortue des Galapagos. Tu es ce guépard que l'on voit dans ce bocal. Je suis une panthère noire que l'on voit sur le supplice de Tantale. Si près et si loin, je vois de loin en loin que je suis de moins en moins bonne avec ma déréliction. Je suis dans le fanion, j'appartiens à ce sport que l'on fait dans une chambre. Je suis la poétesse de mes ambitions de ne pas avoir porté attention à ma détresse. J'étais en PLS et je ne vois que trop peu d'attention à ma déréliction. Je me dépassionne pour les choses de l'attention, je me passionne pour les choses de la chanson. Je chante pour toi tout ce que l'on voudra.

 

Je serai ce supplice de Tantale, je suis ta tante et je suis pâle. Je ne suis tante de rien ni de personne, je ne suis ni une tente ni un traversin. Je suis un fanion tout joyeux d'arriver à ses fins : frapper à ta porte après un si long chemin. Je suis sur ton travers et tu tambourines loin de mon chemin. Je suis loin de ton traversin, ton oreiller m'importe. Ton oreille je l'emporte avec ma chanson. Discute un peu avec moi, que je t'emporte avec ma voix. Emporte moi loin des buses du temps, loin de ces bisons qui sont teints avec la lampe à huile.

 

Je suis sur ton chemin et tu m'emportes avec toi, tu m'emportes dans tes souches avec la boîte à mouches. Tu m'emportes au loin, dans ce marasme des bois. Tu m'emportes avec ta boîte à tiques.

 

Tu sais que je tiquerai quand tu m'annonceras que je ne suis pas retenue par la bonté du temps qui passe. Je sais que je sens la poisse. Je suis cette poisse que le pois n'emporte pas; le pois s'insinue en moi, le poids est en moi. Je suis ce poids que je porte dans mon marasme

 

Je suis dans cette mare et je ne vois pas me défaire de mon poids des ans. Mes rides sont pour moi, elles sont à moi et représentent mon caractère, rieur et rancunier. J'ai la rancune fragile et je ne suis pas agile, je suis subtile. Je suis dans cette subtilité de la vie passée. Sub-title ! Veuillez traduire s'il vous plaît. Je suis avec Malte Laurids Brigge, je suis dans cette salle loin des reports du temps ; je sais je n'ai plus de dents mais mes prothèses font bien l'affaire. Je suis à cette fin dans les armoires du temps et je te remercie de m'avoir accompagnée. Rainer Maria Rilke. Les cahiers de Malte Laurids Brigge sont à découvrir sur la pile de mes fantasmes.

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