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Le blog de Nature et Culture Un peu de nature et un zeste de culture

Et la vie ?

Nature et Culture
Marcel Proust en son fief, à Combray, à jamais loin des yeux de Cabourg

Marcel Proust en son fief, à Combray, à jamais loin des yeux de Cabourg

Ne plus avoir peur de la vie ? Et d'Eric ? Où est-il, que fait-il, qu'apprend-il, qu'a-t-il à m'apporter si ce n'est ces billets controversés que toi-même tu ne peux plus t'y fier ? Tu ne te fies plus à rien. Tu subodores parce que tu doutes, tu doutes de tout, de toi, des autres, de la terre et de ton chat qui file un mauvais coton. Tu te tais ici bas pour ne pas avoir à supporter la médiocrité des autres qui te fait penser à la tienne, à ta petite existence qui ne tient qu'à un fil, ou un Phil, ou une Florence ou un Sébastien. Tu ne sais pas si c'est toi qui est cataloguée ou si c'est toi qui catalogues tout le temps. Tu es normative et dépréciative même si tu t'émerveilles d'un rien et que tu te contentes de peu, après tout. Et peu c'est déjà beaucoup. Tu es dans ce peu qui te plaît beaucoup et tu en as ras le cou dans tes réserves. Tu as beaucoup accumulé c'est certain. Des CD, des livres, des vêtements, des cigarettes électroniques, des journaux, des prospectus, des DVD, des bibelots et des objets en tout genre qu'on t'a offerts la plupart du temps. Et tu ne veux plus de tout ça, tu veux faire de la place pour te faire plus d'espace et penser à l'impossible "Nous deux" parce que ce n'est pas toi. Toi tu aimes ton chat et pas ces saboteurs de vie à deux que tu ne supporterais pas ou si peu. Tu es bien à deux avec ton satané chat qui file un mauvais coton. C'est le fil de la vie qui se coupe pour vous deux. Toi la charogne et elle le satané chat qui sent mauvais de la bouche. Oui, Cerise, tu sens mauvais de la bouche et je t'aime beaucoup. Tu me le rends bien mon petit cocon si doux au poil si soyeux, à l'allure si expressive que la vie nous a broyées. Toi tu te lamines à petits feux et moi je me disloque jour après jour à force de te regarder dépérir. Et c'est ma faute un petit peu. Je ne m'occupe plus assez de toi car il faut que j'écrive ici bas. C'est mon sacerdoce, ma tâche de peu ou ma bête de somme. Je ne suis là pour personne et toi pour si peu. Personne ne sonne à ma porte et je ne compte pour personne à part toi ou si peu. Peu ou prou ? On s'en fout. Nous on veut être nous deux et je t'apprécie comme une bête qui est à mes pieds. Donne-moi tes idées. Insuffle-moi tes yeux pour que je regarde dans une direction que tu supportes. Je veux que tu me supportes et que tu m'emportes dans la même direction que tes pieds et tes bras qui sont fiers d'être avec moi. Tu vois je m'emporte mais je ne peux m'empêcher de disloquer mes pieds et mes mains qui filent sur le clavier de l'ordinateur. Mais il est quelle heure après tout ? Et quel jour sommes-nous ? Je tiens ce journal pour que tu m'apportes un peu plus de rapports dans ton quotidien. Je veux que tu m'apportes ce qui fait de toi une loi, une loi débile et séparatiste des cloportes et des papillons qui volent à proximité de moi. Oui je suis dehors et je suis loin de toi. Tu es mon père après tout, ou mon fiancé, ou mon animal, mon totem moi qui m'anime dans les mains de celleux qui transportent ces pavés au-delà de l'échiquier amoureux. Moi je ne veux pas d'amoureux et je ne fais des choses qu'à ma guise, comme dieu le veut. Je suis une fille de dieu et Marcel est mon pair et mon prochain. C'est ma prochaine loi et il tombe sous la loi de la résurrection pour que je goûte à son talent de diariste que je tiens au jour le jour. C'est un fameux diariste mais moins bon que Saint-Simon. Il ne présente pas les scènes de cour mais celles de sa basse-cour. C'est un sacerdoce et je te veux ici bas dans mes cheveux et dans mon cou. Mes cheveux descendent jusqu'à mon cou et j'aime ça, sentir mes cheveux dans mon cou et sur mes épaules. C'est pour moi que je fais ça. Je le fais pour moi et pour personne d'autre, moi avec mes boucles mordorées, grises et blanches qui ne tiennent qu'à un fil, celui de la potence. Je suis cette potence qui te tient la corde jusqu'au cou. Tu es dans mon cou, toi la corde qui m'achève dans cette brève farandole. Il ne faut pas que je m'emporte mais mes doigts coulent plus vite que la corde dans mon cou. Je suis mon père et il m'emporte loin de son garage. Il a voulu me voir le matin où il est mort. J'ai entendu le mort dire : est-ce que je pourrais la voir ? Et les autres de dire : oui, mais c'est la dernière fois, après tu t'en vas très vite et tu disparaîtras pour toujours. Et il a disparu. Depuis je ne l'ai plus jamais revu autrement que dans mes rêves, décharné et émasculé. Mais qui tient la corde ? Toi ou ton prochain ? Qui est le plus toxique ? Nous ou notre société qui veut que nous tenions nous-mêmes notre propre corde pour faire de nous des gibiers de potence ? Voilà pour la transe. Entrons dans la danse du chaman qui a récolté tout ce qu'il fallait pour se faire une belle petite cérémonie et un beau bouquet de juifs entrelacés dans un charnier. C'est là que je t'ai vu avec Anne Franck. Et depuis tu me hantes comme si j'étais coupable mais beaucoup moins la nuit qu'avant. Tu hantes mes jours quand j'ouvre mes volets et que je ne vois personne au bout du fil de la vie. Je ne vois plus personne et je ne parle qu'aux animaux. Je sais je suis de trop. Mais il ne va pas falloir me dire que j'ai la corde sous le cou. Je l'ai dans mon cou. Ce sont mes cheveux que tu transportes pour absorber le mazout dans la Méditerranée. Je ne suis pas surannée. C'était un projet ambitieux, presque aussi ambitieux que tes yeux amoureux qui me transportent au-delà de tes vieux jours. Oui je sais tu n'as pas fait long feu comme cette capote que tu as percée en me mettant au monde. Je suis née d'un projet ambitieux entre une capote percée et un ovule nettoyé par des champs de blés. Et je suis née dans les blés à deux pas de la porte Maillot. Je suis la folle de Chaillot. 

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