Un déca un café ? Un café pour garder les yeux baissés. Dans le bar, des personnes âgées qui laissent leurs yeux baissés sur leur téléphone. Le juke boxe sonne. La télé reste allumée. Personne pour la regarder. Tout le monde a les yeux rivés sur un rectangle, même pas dix pouces et les pouces s'agitent sur les écrans. Tout le monde et personne ne se connaît. C'est la première fois qu'elle voit ces visages-là. Elle n'a pas ces habitudes. Dans cette ville-miroir, la ville s'est transformée en un vaste mouroir. Les arbres n'ont plus la place d'y pousser et grandir. Tout ici est fait pour y mourir....
Te chérir comme si j'allais passer une main Dans tes cheveux retenir le lin Asperger ta peau de l'eau de Cologne de l'enfance T'aimer comme si nous étions faits pour toujours nous rencontrer T'aimer à chaque fois comme si c'était la première fois Et toujours penser à toi....
Se lever sur une nouvelle amertume La tienne est aussi lourde qu'une enclume Elle pèse dans le bitume Alors, je decide d'aller voir ailleurs si j'y suis. Je prends mes baskets à mes pieds, je mets un point dans le panier en pensant à ta main dans ma main. Bras dessus et bras dessous, nous pourrions aller marcher pour gagner des points sur le marché des vauriens. Se lever sur une décision Chausser les baskets Aller traîner son cerveau au musée
LAURENT MAUVIGNIER - La maison vide - Ed. de Minuit
Ecrire sur un livre qui n'a besoin de personne pour continuer son petit bonhomme de chemin. Je vous parlerai plutôt de "pourquoi il faut le lire" et non de "pourquoi il faut l'acheter". La maison vide : étrange paradoxe pour une maison qui, en réalité, est pleine des habitants qui y ont résidé. On pourrait lire ce livre comme une grande saga, une saga féminine où les femmes et les hommes se côtoient en ne se comprenant pas forcément toujours. Parmi ces femmes, il y a la préposée aux reprises de chaussettes et aux confitures, il y a Marie-Ernestine, la fille de la première et Marguerite, la fille...
Je ne sais silfaut invoquer son père et sa mère pour réussir dans la vie. Mes parents me manquent, d'abord mon père depuis 18 ans, puis ma mère depuis huit mois. Mes gestes et ma tête sont lourds. J'aurais tellement aimé que l'on fasse un point ensemble sur nos vies, sur ce qu'il est possible de faire, comme écrire jusqu'à la fin de mes jours, et sur ce qui est plus compliqué comme se faire éditer. A ce jour, il me manque l'édition dans une maison d'édition. Je ne connais personne et je souhaite publier un livre. Comment s'y prendre si je ne veux pas en rester là ? Dois-je învoquer mes parents...
L'Autofictif - Eric Chevillard en dix-sept volumes
Des livres de poche aux couvertures, parfois, chatoyantes
Cela fait dix-huit ans que je suis L'autofictif d'Eric Chevillard sur internet. Et cela fait seulement quatre ans que j'ai décidé d'acheter la version papier de ce qui n'est ni un exploit, ni une prouesse, ni un acharnement, mais un bel attachement éditorial pour que les pensées d'Eric Chevillard puissent perdurer, au-delà de la vie cybernétique puisqu'Eric élimine, à chaque fois qu'un volume va paraître, ses journées remplies dans ces drôles de carnets. Il y a mille raisons de ne pas acheter les petits Autofictifs de Chevillard, comme...
Les menaces envahissent un abri côtier. Qui veut affirmer que je suis une fille ? Eh bien oui, le Reseda n'est pas un gars. C'est juste moi. Jugez en la photographie...
Quel style préférez-vous ? Un Benjamin ? Un Constant ? Un équilibre ? Suis-je nulle en photographie ? Qui éveille les soupçons sur un genre ? Je suis embarquée dans un grande entreprise et tu n'étais pas là, toi le Nicolas egrillard. J'ai juré fidélité à un macho comme mon père. Appréciez maintenant ma misère.
Eric CHEVILLARD - L'autofictif travaille son dribble en forêt - Ed. de l'Arbre Vengeur
Voilà, je l'ai reçu vers la mi-décembre. Et depuis ? Qu'est-il arrivé ? Tant et tant de choses, au temps qu'il en fallait pour remettre le temps à sa place,... ou ailleurs. Pour tout vous dire, je ne l'ai pas encore lu, cet autofictif-ci, je l'ai ouvert ici et là et je me rappelle bon nombre de ces ... aphorismes ? tribulations ? énonciations ? sérendipités ? Autant d'énoncés qui suffisent à ma caboche pour tout retenir dès que j'ouvre ce petit missel aux reflets verts, cette année. Et cette année, monsieur Chevillard dribble en forêt. Il part prendre l'air frais, l'air d'humidité, mais on ne le...
Cela fait plusieurs mois que je n'ai rien écrit ici sur Éric Chevillard et je pense qu'il s'en passerait bien. Mais moi pas, finalement, même s'il n'a rien fait paraître depuis son dernier Autofictif au mois de janvier. Il y a tout de même eu une réédition à laquelle il fallait souscrire aux éditions Mexico. Un très bel objet, un joli petit livre que j'ai dégusté avec mon âme de vieille adolescente. C'était Chiens écrasés et je ne peux que le recommander. Comme je ne peux que recommander la lecture quotidienne ou hebdomadaire de l'Autofictif. Depuis que je vais mieux, je m'y sens beaucoup mieux....
Ton hérisson est mort, Éricsson. Le hérisson naïf et globuleux à été surpris par l'air glacé de l'automne. Il ne s'est pas protégé sous un tas de feuilles. Il a gi dans l'herbe avant que je lui trouve sa dernière demeure sous le cerisier, là où les feuilles forment un tas pour se décomposer jusqu'au printemps. La décomposition du hérisson est en marche. Il n'a plus besoin de nature ni de culture. Il n'a plus besoin de rien. Un autre hérisson le remplacera qui viendra manger les escargots, les limaces et les cadavres des oiseaux. Les oiseaux ne viennent plus se nourrir aux mangeoires. Le hérisson...