Le Loir, en amont du moulin de Saint-Avit
Le Loir, il manque un peu d'eau en ce printemps 2021. Les hauteurs ne sont pas forcément les mêmes en amont et en aval. Ici, on vanne à tout va, ou pas. Aux Cathelines, on voit un peu le lit de la rivière, mais pas trop, puisqu'elle vient gentiment affleurer l'herbe, les carex et les iris qui peuvent baigner les pieds dans l'eau. A trois cents mètres de là, en aval, on voit bel et bien, et on peut même toucher le fond du Loir. Toucher le fond, le principe même des garants qui n'ont pas la police de l'eau. Car ici, on vanne, ou pas. Laisser le libre cours...
Ca le gratte à l'encolure, le cheval. La puce, qui lui venait de l'oreille, a sillonné la crinière pour se glisser plus bas. Une petite puce qui court dans le pré, non loin de la rivière, qui est déjà au plus bas, et qui ne risque plus d'inonder quoi que ce soit. Les pieds au sec, le cheval saisit ce piquet en fer rouillé et gratte son encolure avec ardeur et vigueur. La crinière virevolte un peu pendant que les lapins vont jouer ailleurs, dans de touffus petits taillis. Le pré, ceint de barbelés, est la pâture du cheval qui s'empare de toute cette herbe pour faire ce qui lui plaît, avec les pies...
Petite rampante qui ne s'agrippe à rien mais qui se recourbe contre les murs pour se multiplier. Des petites nacelles et des inflorescences violettes qui ne ruinent rien, surtout par Rome, et qui préfère la chaleur des murs en profitant du moindre interstice pour se glisser et gentiment coloniser les bords du trottoir afin de l'habiller. Elle ne saigne rien à blanc et apporte du soin à certaines carences qui font choir les dents. Utile dans son inutilisation, elle court les rues, les rocs, les murs avec ses tâches violettes qui n'entachent rien, bien au contraire.
Sortie du ciment d'un mur et d'un trottoir en herbes, la fleur laissera ses fruits aux abbesses qui ont quitté les lieux. Elles ont déserté, faute de place et démunies de leur puissance, cet endroit où, aujourd'hui, de nouvelles Amazones viennent remplir les poches des comptables des surfaces New age. Elles ont quitté le bord de la rivière, et ont fait la place à des propriétaires détenteurs d'un nouveau trésor, sur des zones à l'inondabilité avérée. Il ne reste plus que de petites monnaies du pape, comestibles au printemps. De quoi nourrir les amateurs d'un goût sauvage sans vertu particulière....
C'est un bras de la rivière, artificiel. Une île posée dessus, sans animaux pour permettre aux oiseaux de se poser un peu, dans les arbres et dans la végétation. Le cours artificiel de la rivière continue à alimenter des moulins dont les roues ne tournent plus depuis longtemps. Des arbres, des oiseaux, de l'eau, et un peu de quiétude avant le passage des véhicules et quelques heures de pointe, entre entrée et sortie du boulot. Sinon, c'est un peu de paix dans un paysage transformé par les temps.
Il y a beaucoup d'odeurs, dans cet "Adultère" d'Yves Ravey. Le parfum capiteux d'une belle et jolie femme, le whisky d'un homme d'affaires qui patiente en jouant aux cartes, l'essence et l'huile de vidange d'un garage automobile en faillite, la sueur d'un veilleur de nuit qui aime faire du jogging, et le buffet froid englouti par Jean Seghers, le héros et narrateur malgré lui de son histoire de petit patron abusé. Abusé, mais par qui ? C'est ce que l'on va apprendre au fur et à mesure de ce roman dont l'intrigue se transforme en joli petit policier qui enserre le lecteur dans l'étau d'un établi...
La poule, la fugue
Elle s'échappe, la poulette, de son enclos pour voir si l'herbe est plus verte ailleurs. Elle sort de ses sentiers battus pour tâter du bitume, du gravillon, mais ne reste pas trop loin de la maison. Avec ses belles plumes, elle s'emplume pour repartir vers un autre horizon, pas si lointain, retrouver ses copines et son coq, qui, comme elle, s'offrent quelques échappées pour goûter une herbe plus verte, d'autres vers, et aller picorer quelques petites choses qui seront peut-être meilleures. Sait-on jamais ? Et ça continue de caqueter.
Abonnez-vous http://bit.ly/inachansonsSi j'ai bonne mémoire | A2 | 27/01/1985 Sur le plateau de "Si j'ai bonne mémoire", Christophe interprète son tube "Les ...
16 avril 2020, Christophe est parti sans pouvoir crier Aline une dernière fois pour qu'elle revienne. Séisme dans le landerneau de la chanson. Christophe, chanteur issu des années yéyés, disparaît. Il est l'un des premiers célèbres emportés par la COVID pendant le premier confinement. De quoi acquérir quelques lettres de légende avant de finir dans un sac blanc pour bénéficier d'un enterrement sans VIP. En revanche, les hommages ont plu....
Juste un œil, le regard de cet inconnu qui se précipite du fond de son pré carré pour venir regarder une autre inconnue. Peu de paroles, rien d'important en tout cas. Juste une attention anodine qui n'a rien d'anodin. Une présence puissante qui prend de la place et qui regarde repartir l'inconnue au lointain, sans broncher, sans un souffle, dans un joli silence et bien planté sur ses jambes. L'inconnu, son regard et sa patiente attention.
L'eau file pour se jeter et alimenter la rivière. Pure eau de source
Ça crépite, ça bouillonne légèrement. Autrefois, les femmes venaient chercher de l'eau à cette source pour la boire. Aujourd'hui, encerclée par la végétation et les orties, presque inaccessible, elle s'écoule légèrement pour se jeter dans la rivière, près de l'espace. Un peu d'eau qui continue d'alimenter le flux de la rivière, sans vannage, pour suivre et grossir un courant créé au moyen-âge. Les moulins peuvent continuer à tourner, sans leur roue.