Te chérir comme si j'allais passer une main Dans tes cheveux retenir le lin Asperger ta peau de l'eau de Cologne de l'enfance T'aimer comme si nous étions faits pour toujours nous rencontrer T'aimer à chaque fois comme si c'était la première fois Et toujours penser à toi....
Attention, ceci n'est ni une chronique, ni une critique littéraire. C'est juste l'envie de discuter avec vous d'un livre qui m'a transcendé. Il a fallu pas loin de trois semaines avant qu'il ne m'arrive entre les mains. Et ce n'est ni un ravissement, ni un émerveillement, c'est la juste apparition d'un poème épique facétieux qui a retenu toute mon attention. Il se lit d'une seule traite, lecture dans les marges comprises. Car, pour susciter le rire, Eric Chevillard a annoté son poème dans les marges, y ajoutant des considérations, parfois rabelaisiennes, parfois plus sérieuses. J'ai été conquise...
Je ne sais silfaut invoquer son père et sa mère pour réussir dans la vie. Mes parents me manquent, d'abord mon père depuis 18 ans, puis ma mère depuis huit mois. Mes gestes et ma tête sont lourds. J'aurais tellement aimé que l'on fasse un point ensemble sur nos vies, sur ce qu'il est possible de faire, comme écrire jusqu'à la fin de mes jours, et sur ce qui est plus compliqué comme se faire éditer. A ce jour, il me manque l'édition dans une maison d'édition. Je ne connais personne et je souhaite publier un livre. Comment s'y prendre si je ne veux pas en rester là ? Dois-je învoquer mes parents...
Utiliser sa date de péremption pour écrire. Ne pas fabuler, prendre le soin d'imaginer. Être là, à l'écoute d'un présent qui ne me veut pas de bien. Revenir sur le lien qui m'unit à une mort, pas la mienne. Être heureuse dans le souvenir de ma mère, aimer son chat qui m'alerte que je suis ici chez moi. S'enquérir d'un système féodal et patriarcal. Ne pas s'installer dans la faiblesse. Rester unie avec soi. Penser à la rose, aux roses qui se déploient penser aux bonnes choses qui se forment, les framboises qui passent du stade de fleurs à fruits grâce au déploiement des bourdons, des syrphes et...
Bien sûr que je suis une non fiction. Sous quelles pulsions me suis-je mis à écrire et à fantasmer sur Eric, sur Marcel et sur toute cette planète d'auteurs auxquels je ne dois rien d'autre que d'être obligée de me fictionnaliser à nouveau, Autre fiction, autres problèmes à résoudre, ceux du style et de la littérature sans fiction. J'empreinte au monde moderne toute sa réalité sur laquelle je me suis défaussée. J'emprunte à ce réel tout ce fictionnel qu'on a imaginé pour moi et à mon endroit. Je suis cette fille fictive et qui pourtant existe bel et bien. Je ne veux rien d'autre qu'opérer une transaction...
Je suis une rose ronce ou une ronce rose. Je n'ai toujours pas trouvé chaussure à mon pied. Peut-être faudra-t-il que je regarde au fond du carton à chaussures s'il n'y a pas d'autre paire qui m'irait comme un gant. Je suis cette petite fille diserte qui exerce ses talents comme on joue à la roulette. Je suis dans le casino de la vie et je me prends pour la Malibran. La Malibran qui ne sait rien faire de ses dix doigts et qui lit tout en quinconce. Elle lie tout en quinconce et elle est la balle au centre de ce jeu de la balle au prisonnier. Elle n'a jamais été élevée, elle a été biberonnée. Elle...
Le crop circle de l'enfer
Je dors, mon cerveau dort. Je suis dorée comme les épis de blé de ce crop circle de l'enfer. Encore un coup des Martiens qui me font dormir dans le train de l'ennui. Je suis dans cette salle d'attente et Jeanne de Coutes m'appelle d'une voix blanche. Je suis loin de chez moi, de chez les champions du roi. Ils m'embarquent au loin, au-delà de la planète Mars. Je suis l'étoile du berger, loin des champs de blé. Ce crop circle m'hypnotise. Je suis arrivée dans la chambre d’Élise qui est sous l'emprise de la boîte ronde, de sa boîte à tabac. Ça sent très bon, ça sent l'Amsterdamer,...
Je ne peux que me blâmer d'avoir blâmé l'Autofictif il y a peu. Je me passione de nouveau pour ces aventures poétiques, ce chant d'un cygne qui est loin d'être celui d'un vilain petit canard. Ce prince bec d'oiseau est remonté dans mon estime et cette désespérance là est rejouissante à lire. Et à comprendre ? Pas toujours. Je suis obligée d'y fourrer le nez plusieurs fois dans la journée et estimer une signification au gré de mes humeurs et de mes propres péripéties. Ça se lit aussi bien à chaud qu'à froid. Avec plusieurs effets de langages dont les niveaux sont différents au cours de la journée,...
Oui, ça y est, je l'ai eu le dernier Chevillard. Et je l'ai lu. Et maintenant, j'ai la cheville hot. J'ai la cheville qui fourmille d'idées et de projections pas du tout bidons. Précision, scalpel, plume d'oie ou de dodo qui gratte sur le papier déjà tout brûlé de la planète terre. Voilà en quelques mots ce que m'inspire ce Chevillard là, qui pense bien à Nenette que l'on va bientôt empailler dans la galerie de l'évolution qui ne révolutionne plus rien, celle où il a passé une nuit tel un aventurier des nuits sans étoiles mais avec beaucoup de toiles d'araignée au fond du gosier. Oui, car tout...
Casser les coques et prendre le temps de briser les cerneaux des noix. Ces espèces de cervelles en morceaux que l'on mouline pour les réduire en poudre ou les donner à manger aux pissenlits juste assaisonnés. Ces résidus de cervelles forment un amas que l'on prend, au choix, au gré des besoins et des envies. Des résidus actuellement confinés qui sortiront aux moments opportuns après avoir mis du temps à percer ces coques de noix qui ne formeront bientôt plus que des poussières. Mais putain, que c'est long de casser des noix pour obtenir ces cervelles réduites en morceaux ! Et que de dégâts !