Te chérir comme si j'allais passer une main Dans tes cheveux retenir le lin Asperger ta peau de l'eau de Cologne de l'enfance T'aimer comme si nous étions faits pour toujours nous rencontrer T'aimer à chaque fois comme si c'était la première fois Et toujours penser à toi....
Se lever sur une nouvelle amertume La tienne est aussi lourde qu'une enclume Elle pèse dans le bitume Alors, je decide d'aller voir ailleurs si j'y suis. Je prends mes baskets à mes pieds, je mets un point dans le panier en pensant à ta main dans ma main. Bras dessus et bras dessous, nous pourrions aller marcher pour gagner des points sur le marché des vauriens. Se lever sur une décision Chausser les baskets Aller traîner son cerveau au musée
ERIC CHEVILLARD - L'autofictif enneige le Fuji - Ed. De l'arbre vengeur
Peut-on écrire et se renouveler à ce point ? Il fut un temps où j'ai pensé que l'autofictif était un collectif d'auteurs, qu'Eric Chevillard était une marque déposée de la Littérature. Je ne sais toujours pas si Éric Chevillard est un auteur à plusieurs (j'ai dépassé ma phase maniaque et je ne souffre plus d'hallucinations), mais, maintenant que je suis revenue sur le plancher des vaches, je ne peux que constater qu'Eric est un auteur virtuose, un écrivain qui s'adonne à la Littérature de manière précise et concise. Bien entendu, j'ai été ravie, en tant que collectionneuse de Chevillards ( pas...
Demain, ce sera le premier anniversaire de la disparition de maman. Un an sans toi et tout ce que je ne sais pas. Tout ce que tu as tu, tout ce que tu as tué et su faire émerger. Je pense à toi au quotidien. Ton chat est avec moi et elle a de plus en plus de marques d'affection pour moi. Alors je retiens que c'est toi qui parles en elle. Merci de me l'avoir confiée, je ne pouvais pas mieux rêver.
LAURENT MAUVIGNIER - La maison vide - Ed. de Minuit
Ecrire sur un livre qui n'a besoin de personne pour continuer son petit bonhomme de chemin. Je vous parlerai plutôt de "pourquoi il faut le lire" et non de "pourquoi il faut l'acheter". La maison vide : étrange paradoxe pour une maison qui, en réalité, est pleine des habitants qui y ont résidé. On pourrait lire ce livre comme une grande saga, une saga féminine où les femmes et les hommes se côtoient en ne se comprenant pas forcément toujours. Parmi ces femmes, il y a la préposée aux reprises de chaussettes et aux confitures, il y a Marie-Ernestine, la fille de la première et Marguerite, la fille...
Qu'est-il important dans la vie ? Aimer ou être aimé.e ? Qu'elle faut-il fuir ? La compagnie ou la solitude ? Je me réfugie dans ma tour d'Ivoire et je suis à la recherche de ton esprit. Cette nuit, quand je t'ai lu, tu m'as fait rire. Faut-il abandonner ou être à côté de ceux que tu aimes trop ? Où sont mes morts ? Sont-ils prêts à s'envoler dans ce jardin du souvenir où le marbre côtoie le salin ? Où est mon refuge ? Ton ignorance ou ta volonté d'être aussi seul qu'un humain ? Me permettras-tu d'accompagner tes pensées ? La fée grise a fait varier tes volets. Ils sont mauves et tu respires la...
Penser à toi. Nécessité d'être soi, s'oublier dans une vie dont on connaît la fin. Vivre et mourir en pensant à celle qui a fui. Ne vivre qu'un seul amour. Faire du bien à celui qui revient de loin. Se sentir proche d'un homme, de celui qui reviendra un matin pour me dire qu'il m'aime autant que sa finesse de jouir de cet amour que nous redoutons. L'aimer lui. Être lui le matin mais pas l'après-midi. Penser à lui le midi et rêver d'un minuit coquin. Avec lui, dans les fantasmes d'un oubli. Eh oui, je t'aime pour la vie.
Ici ou ailleurs
Partir d'un ailleurs pour retrouver ce leurre. Tu te fourvoies dans tes idées. T'agacer ? Jamais. Ici,ailleurs, je ne suis jamais là. Que dis-tu des saisons que tu ne vois plus ? Tu ne touches plus terre, la croûte terrestre est en enfer. Les oiseaux ne se posent plus. Le troglodyte mignon est à jamais perdu. Et je te vois passer, écrire des choses pleines de ton raisonnement. Je ne suis plus rien et je me tais depuis que j'ai été délivrée d'un joug que nul ne partage plus. Finie l'emprise, je suis à jamais remise dans un état naturel. Danser, chanter, écrire et te demander de...
Attention, ceci n'est ni une chronique, ni une critique littéraire. C'est juste l'envie de discuter avec vous d'un livre qui m'a transcendé. Il a fallu pas loin de trois semaines avant qu'il ne m'arrive entre les mains. Et ce n'est ni un ravissement, ni un émerveillement, c'est la juste apparition d'un poème épique facétieux qui a retenu toute mon attention. Il se lit d'une seule traite, lecture dans les marges comprises. Car, pour susciter le rire, Eric Chevillard a annoté son poème dans les marges, y ajoutant des considérations, parfois rabelaisiennes, parfois plus sérieuses. J'ai été conquise...